Quel désir de société pour notre vie après le confinement?

 
Notre vie demain, après le confinement : quel désir de société pour après ?

Résultats d’une enquête qualitative on-line

Anne BATTESTINI

Du 9 au 27 avril 2020, nous avons recueilli les réflexions

personnelles de 43 Français confinés autour du vécu de leur confinement, ce qui a changé, ce qui n’a pas changé, ce qui leur manque ainsi que leur projet pour la société et pour eux après le confinement. 

Vous avez été 43 à répondre à ce questionnaire et je vous en remercie. L’intérêt était de voir au-delà des divers profils en termes de sexe, d’âge, de situation de confinement… ce qui peut être convergent dans la perception de ce moment et de la société désirée.

L’échantillon de 43 personnes se compose d’une majorité de femmes, néanmoins, il ne semble pas qu’il y ait de grandes distinctions entre les sexes dans la nature des contributions. Il y a eu une diversité d’âge et de situations de confinement. En revanche aucun critère n’a été demandé sur le profil socioprofessionnel, ni le niveau de revenu. Aucune des personnes interrogées n’évoque des difficultés financières (qu’elles les aient ou non). Les personnes se sont réparties de manière diverse sur le territoire francophone (42 en France Métropolitaine, 1 au Québec) : détail de l'échantillon et de la méthode sur demande.

La période de confinement est l’occasion pour chacun de faire un travail d’introspection qui moins que de chercher un sens existentiel à sa vie est le moment privilégié pour estimer sa qualité de vie et celle que chacun désire pour demain. La distanciation sociale, le manque de liberté de mouvement ainsi que la nécessité de trouver une utilité à ses déplacements amènent chacun à valoriser les gestes du quotidien. Le confinement aura eu ces vertus que de remettre le temps et le rapport à la Nature comme des choses essentielles. Reprendre goût à ce qui nous est propre.

Entre les manques et les bonheurs du quotidien se redessine un nouveau rapport au temps

A la question de ce « qui manque le plus », les participants ont évoqué principalement des habitudes qui structurent leur quotidien :

  • L’absence de liberté de mouvement qui limite les anciennes activités professionnelles et de loisirs
  • Pour certains, travailler depuis le domicile sans contact visuel
  • L’arrêt des relations et de certains projets de travail
  • Le changement de rythme
  • Les économies en raison des loisirs limités
  • La façon de consommer, principalement de l’alimentaire et moins d’autres achats
  • La relation client / collègues : plus de visio-conférence et moins d’échanges téléphoniques
  • L’absence de renouvellement des contacts, des rencontres limitées
L’absence de liberté de mouvement et de rencontres sociales sont les manques les plus cités. Le confinement demande à relativiser le moment, profiter pour renouer des contacts ou les renforcer, s’adapter :

  • La découverte de son chez soi voire le plaisir de le découvrir
  • Plus d’échanges par sms/appel téléphonique / appel vidéo
  • Réinventer son quotidien et d’avoir des activités (sport fitness avec vidéo)
  • Changer ses habitudes de sommeil
  • Retrouver une vie de famille

« Moins de sorties et de consommations donc, plus de temps à mon domicile à réaliser des travaux pratiques ou de la lecture. Le rythme de vie est plus calme. » 

Ce qui est source de satisfaction et de bonheur : le repos, la lenteur, le calme. Comme un temps dilaté en dehors de toutes limites. Prendre le temps de vivre : « plus de méditation, de lecture, de yoga, d'introspection, je profite de ma famille ». 

Dans les sources de satisfaction, le rapport au temps prend une grande importance et ce, de façon très consensuelle. Prendre son temps pour cuisiner, lire, peaufiner des projets, rattraper le temps sur des projets. Ce nouveau rapport au temps amène aussi une meilleure qualité de vie « Je dors plus, fais plus de sport et est moins stressée ». Une qualité de vie et une crise sanitaire qui conduisent à repenser ses rapports sociaux et la place que chacun prend dans sa vie. 

Les qualités de résilience sont mises en avant avec le « plaisir du temps retrouvé »

« D’avoir déjà fait une partie de ce que j'avais mis de côté pour "plus tard"… ça apporte une vraie satisfaction, comme aussi ranger, trier ses affaires, faire un grand nettoyage de printemps ! finalement c'est utile de pouvoir se poser », « Ne pas avoir d’emploi du temps », « Avoir le temps pour chaque activité entreprise », « Prendre du temps pour apprendre et expérimenter», « Le temps que j’ai devant moi pour m'améliorer, me comprendre et de redéfinir mes liens sociaux avec mes amis et ma famille. », Pouvoir faire ce que je "n'avais pas" le temps de faire : prier, méditer », « Le temps de jouer avec enfant » « Rattraper le temps avec mes proches et chez moi »

De passer plus de « vrais » moments en famille, en étant totalement présent pour les enfants, son conjoint et plus largement, ses proches. 

Les autres plaisirs sont liés à la découverte du télétravail pour certains qui leur offre la possibilité de ne plus perdre du temps dans les transports ou pour les chanceux avec un jardin, le plaisir de profiter de la nature. Encore une fois, c’est la meilleure qualité du rapport au temps qui est privilégiée. « Le calme, la solitude, l’absence de pression » 

Les plaisirs de la vie viennent du quotidien devenu plus sain, notamment sur l’alimentation, et de la satisfaction de savoir ses proches en bonne santé.

  • La nourriture et la solitude
  • Savoir que les proches sont sains
  • Le sport : « Ce qui me procure le plus de satisfaction c'est les moments de sport et le peu de fois où je m'autorise à sortir (environ 1 fois par semaine) »
« Le temps, plus rien n'est urgent. Un sentiment de calme. Le ciel est dégagé, on entend les oiseaux. La vie semble plus cohérente ainsi »

Pour certains, l’introspection les amène à imaginer une société plus cohérente.

Nous sommes dans un temps de contemplation active : une manière de regarder le monde dans lequel nous vivons en observateurs sans trop pouvoir agir.

Le confinement n’a pas modifié les valeurs et principes de vie des individus interrogés. Il les a plus renforcés dans la conviction de devoir profiter du temps de façon plus qualitative. Il n’y aura pas de grands changements mais une attitude différente par rapport au rythme de vie. Chacun évoque la nécessité de préserver un rapport au temps et à la consommation plus raisonnés mais aussi de renforcer des liens solidaires. Une société plus bienveillante et écologique est espérée mais celle-ci ne pourrait être que par une action collective et solidaire. 

C’est pourquoi, il y a peu de modification exprimée des principes de vie. Le confinement est venu renforcer des valeurs humaines et éthiques déjà fortement présentes. Néanmoins, cette introspection a remis au centre de chacun la nécessité de les mettre en application plus souvent et plus justement : 

-    Au centre, l’individu et sa qualité de vie reste primordiale. Non pas dans un égoïsme et un individualisme forcené mais comme une prise de conscience de ses habitudes passées qui ne lui permettaient pas de prendre le temps de vivre, d’apprécier la vie, de reconnaître « les chances » que la vie lui a données. Un rapport plus étroit avec la nature et sa nature « Envie de plus de nature dans la relation aux autres et avec l'environnement ».

-   Les envies de voyage sont toujours là. Mais le confinement donne surtout des envies de se concentrer plus encore sur sa qualité de vie personnelle

o   Une consommation plus locale, raisonnée et française

o   Se recentrer sur soi et ses proches : « Définir mon bien être personnel plutôt que les injonctions sociales comme priorité absolue », « Tenter d’avoir un mode de vie le plus sain possible. » « Penser plus à moi »

o   L’entraide, éviter le superflu

-       Pour ceux qui sont déjà engagés dans des missions sociales et/ou environnementales, l’envie de poursuivre leur engagement

« Cette crise sanitaire est dû à un mode de vie de surconsommation, de surproduction qui tend à prendre possession de tout le territoire au détriment de la vie sauvage. Au sortir du confinement, je privilégierais : Consommer local, réduire la consommation de viande et privilégier la qualité (initiative commencée avant le confinement) », « Militer plus activement », « Plus d'engagement en faveur d'un monde responsable. »

L’individu est donc au centre. Certains avouent apprécier même la solitude. Mais, même pour ceux-ci, tous reconnaissent et revendiquent la nécessité d’être des individus avant tout sociaux : en lien avec les autres dans un rapport affectif mais aussi d’interdépendance. La convivialité exprimée à plusieurs reprises rappelle l’importance de la vie personnelle et sociale : « Partage et sociabilité, faire encore plus de choses ensemble, encore plus de partage avec les voisins, plus d'appels aux amis, à la famille, plus de jeux ! », « Se consacrer moins au travail », « Empathie » 

Que retenir pour la société de demain ?

Le confinement favorise une prise de conscience renforcée de l’importance de vivre : une prise de conscience de la rapidité du temps quand ils étaient hors confinement mais aussi en confinement, hors du rush habituel. Cela se traduit par la nécessité de mieux s’organiser, de planifier, de ne pas reporter ce que l‘on avait décidé (au risque de se le reprocher en fin de confinement) ; de prendre plus de temps pour réfléchir, pour penser à soi, aux autres et de profiter des proches.  

 « Il faut vraiment faire les choses sans remettre à demain car on ne sait pas de quoi demain sera fait. Prendre des décisions en connexion avec soi-même car sinon on ne peut pas être bien dans ses baskets » « me fixer des échéances, ou des heures pour faire ceci ou cela afin de ne pas les reporter au lendemain au risque qu'elles ne soient pas faites à la fin de confinement », « Je prends plus soin de moi » 


On réfléchit aussi à sa consommation, à faire autrement, à utiliser d’autres produits et tester d’autres moyens de faire. Cette évolution « forcée » dans sa consommation personnelle amène à une volonté de vivre autrement qui passe aussi par la nécessité d’avoir une meilleure gestion de sa consommation, une consommation plus raisonnée :

« Moins consommer « Moins d'envies (sauf le thé où je suis très difficile en matière de goût et de sélection de saveurs - Mariage en priorité .... et certains thés seulement) »,  « Se recentrer sur l’essentiel. Adopter des pratiques de consommation plus vertueuses. », « Consommer français au maximum », « Etre plus économe », « Devenir casanier...aux antipodes de mes principes !» « je n’avais plus de produit vaisselle et à l’idée de faire la queue dans le magasin, j’ai fait une recette avec des cristaux de soude du bicarbonate, top, je vais continuer ! » 


Au travers des contributions, certains participants expriment un certain positivisme par la reconnaissance d’avoir une place privilégiée dans le monde actuel. La pandémie donne une vision globale dans la situation mondiale. L’individu est amené à repenser sa position dans l’échiquier du monde avec les forces et les faiblesses de chaque situation.

 « Je comprends que rien est acquis : pas ma santé, pas ma situation de vie et que j'ai simplement de la chance d'être née dans le bon pays et dans la bonne famille. Des personnes sont sous couvre-feux depuis leur naissance, dans des pays où les denrées alimentaires se font rares, où il n'y a pas le matériel adéquat pour soigner les gens et où les enfants ne peuvent plus étudier. Je suis reconnaissante plus que jamais », « Prendre conscience de nos libertés », « Réaliser la chance que l’on a d’avoir une habitation confortable, la chance d’avoir plusieurs résidences, de vivre avec des personnes que l’Aime, prendre des nouvelles de ses proches plus souvent », « Relativiser, remercier les personnes qui ont un réel impact sur ma vie (chauffeurs, caissiers, corps médical, personnes qui s'occupent de nos aînés en difficulté, etc). Tenter de faciliter leur travail le plus possible» 

Ainsi, se dessine aussi un nouveau rapport au temps et au monde, moins dans l’urgence, plus dans le temps de l’analyse et de la compréhension. : « Apprécier de ne rien faire », « Cette période m'a amené à prendre le temps de la réflexion sur le pourquoi nous faisons les choses. Pourquoi avons-nous le besoin de passer nos vacances à l'autre bout de la planète pour seulement quelque chose ? Pourquoi il n'y a pas une production agricole raisonné en France (nos fruits et légumes viennent principalement des pays étrangers) ? Aussi, cette période me fait réaliser à quel point important de me savoir proche de ma famille/amis. » 

Après le confinement, pour la majorité, l’envie de continuer à préserver un rapport au temps plus lent et patient est prégnante.

 « Garder l’apprentissage de la patience et être à l’écoute des autres », « J’aime le télétravail, j’aimerais pouvoir le pratiquer une partie du temps. », « Calme et sérénité avant tout »

« Les relations de travail à distance -évitant les déplacements chronophages », « Se déplacer plus raisonnablement, accepter le fait que le travail n'est pas la seule chose à faire dans une journée, consommer moins en général » 

Un moment d’introspection qui donne l’impulsion pour une nouvelle vision de la société à l’image des principes de bienveillance cités mais un projet qui devra être collectif pour exister :

« Le changement doit être global, je ne changerai rien tout seul. L'effort doit être collectif

« Nous verrons ce qu'économiquement parlant il sera possible de mettre en place. Je continuerai à prendre soin de moi et de mes proches de près ou de loin. Vivre une vie qui fait sens respectueuse de l'écosystème intérieure et extérieure. »

« Continuer la pratique du sport et beaucoup plus marcher pour moins prendre les transports - Encore mieux consommer responsable - Ne plus surconsommer ou acheter et laisser dans des placards - Consacrer plus de temps aux balades en forêt ou vacance "au vert". Respecter la nature. Éviter les achats superflus»

Dans ce cadre, la société espérée est naturellement vue comme une écologie locale, active (en mouvement versus les discours), avec l’humain au centre des préoccupations et une forte interdépendance les uns des autres.  

La distanciation sociale, même si elle est encore peu évoquée, sera sûrement une manière de se rappeler à chaque instant l’importance des autres. Des autres qui se définissent comme ceux qui partagent un même espace et une vie commune. Aussi, dès lors où il est plus question de gagner une bataille rhétorique que vaincre la crise en mettant en place des actions cohérentes, les débats et les polémiques médiatiques et politiques peuvent parfois être perçus comme vains. A l’échelle de l’individu, les actes de consommation de demain peuvent être plus cohérents qu’ils ne l’ont été, en privilégiant, le local, le Made in France, en soutenant les petits producteurs.

« Penser et prendre soin des autres, pas seulement de soi, que ceux qui ne font pas arrêtent de critiquer ceux qui font ! les débats sans fin qui reculent au lieu de faire avancer les choses. » « L’humilité de dire que l'on ne sait pas plus que les autres et arrêter de tergiverser, respecter les règles pour respecter ceux qui les tiennent ! et ne pas penser que l'on est supérieur aux autres et que l'on peut tout se permettre »

« Consommer local et responsable, soutenir les petits producteurs et les filières responsables et français », Le made in France, moins de surconsommation », « Les achats locaux, la production locale. », « Plus de solidarité, encourager encore plus le commerce local au lieu des grandes multinationales » 

Un moment de pause silencieuse qui, individuellement, peut être perçu comme salvateur et qui mériterait de se répéter, peut-être dans d’autres circonstances, afin de remettre au centre des véritables préoccupations, indépendamment, des injonctions de la société de consommation. 

« Conserver le silence, mais c'est impossible. L'arrêt de la consommation une semaine par an tous ensemble, mais ce n'est pas possible non plus. » 

Les principes écologiques sont au centre des sensibilités. A ce jour, nous ne pouvons savoir et décider si dans les actes, les consommateurs seront cohérents. Cela dépend aussi d’autres facteurs qui pèsent sur les processus d’achat : l’économie/le prix, la disponibilité/ l’accessibilité… Mais le confinement laissera des traces fortes sur la nécessité de raisonner ses actes que ce soient ceux liés à la consommation ou à d’autres actes sociaux et personnels. Le bien-être collectif est une valeur qui est aujourd’hui réaffirmée d’un point de vue à la fois altruiste mais aussi nécessaire à la qualité de vie de chacun. L’humain semble avoir pris une consistance plus forte au sein d’une Nature qui s’est rappelée à chacun. De même, le souhait d’une société plus équitable socialement est au centre des préoccupations. 

« La priorité de l’humain sur l’argent, une participation de tous au bien-être collectif selon leur moyens matériels réels », « Redistribution (équitable) des richesses. Respect de l’environnement. Solidarité avec les plus démunis, les plus isolés.»

« La bienveillance », « Entraide », « Qu'on soit plus attentif les uns aux autres », « Fraternité- ce mot qu'on retrouve dans notre devise"

En guise d'éléments de réflexion...

« Solidarité, être au lieu d'avoir », « Cultiver soi-même son potager / acheter local / bio / respectueux de l’environnement / être plus présent pour les personnes dans le besoin (personnes âgées, personnes pauvres , personnes victimes de violences)

« Le regard sur soi, les autres et la planète. Nous sommes dans une société individualiste. « Aujourd'hui nous constatons un grand élan de solidarité. Il serait souhaitable que chacun prenne conscience des autres et que l'entraide devienne une normalité. », « Réaliser qu’on dépend les uns des autres », « Le respect de chacun et la solidarité » 

Partage, amitiés, collaboration et nature sont les leitmotivs. Le modèle de société est remis en cause. Principalement le modèle politique, économique et de mondialisation. Le schéma social actuel qui néglige l’écologie dans le sens du respect de l’humain dans un écosystème est critiqué. D’autant plus intensément pour ceux qui se sentaient déjà investis dans une mission sociale et équitable.

« Que les hommes se rendent compte de notre impact écologique et qu’ils comprennent que le commerce de proximité est bien meilleur que Amazon ou toute grande zone industrielle qui détruit les centres villes »

« Port du masque lors de maladies, être moins égoïstes, moins cons », « La fraternité ! Augmenter le salaire dans la santé, diminuer le salaire des plus riches, redistribuer intelligemment, faire de l'écologie le fer de lance de notre politique, virer ces politiques pourris à la solde du capital. Sous leurs faux airs, se cache la cupidité

Plus de vigilance sur la propreté et de respect des personnes » 

Dans ce contexte, le rapport à la mondialisation est fortement revu. Non seulement le système économique est critiqué mais surtout l’absence de prise en compte des dimensions écologiques et sociales au niveau planétaire est fortement mis à l’index. Il s’agit de (re)mettre un programme écologique, éducatif et sanitaire au niveau mondial. Ce sont les institutions et leur manque d’efficience qui sont là évoquées comme omnipotentes. Il ne s’agit pas pour autant de mettre de côté l’économie mais de lui donner une dimension plus d’intérêt général et salvatrice. Un projet de civilisation global est attendu qui prenne l’image d’une nouvelle civilisation. Une nouvelle civilisation plus « ralentie » et plus bienveillante qui s’ouvrirait sur de nouvelles activités.

« Pas de mondialisation aveugle… prise en compte du changement climatique, de l'écologie... », « Valoriser les systèmes de santé et éducatif, l’écologie ; arrêter les délocalisations, favoriser l’autonomie alimentaire, changer les dogmes dominants », « J'espère que le monde se rend compte et que nos dirigeants comprendront l'attente de tous. Passons au-delà des intérêts financiers, géopolitiques. Le moyen âge est moins derrière nous, notre civilisation est suffisamment avancée pour ralentir et profiter de la vie, continuer à évoluer sur de nouveaux principes. A nos élus, décideurs et influenceurs associés, le monde doit changer, plus jamais nous ne devons revivre une telle situation dans de telles conditions. L'entraide et le partage avant tout », « Il faut créer de la richesse pour redistribuer. La France vit principalement sur ses ventes d'armement, le tourisme et le CAC40. C'est fragile. Ce ne sont pas les services et les auto-entrepreneurs qui contribuent à la richesse nationale. Il faudrait une limitation des naissances, notamment en Afrique. Ça ne viendra pas. Changer les cultures est plus difficile que changer la technique. », « Je formule le vœu de sortir du système centré sur la mesure du PIB dont les modes de calcul sont élaborés sur la base d’une hiérarchisation des richesses incompatible avec la préservation des écosystèmes et le bien-être social. », « Diminuer les avantages des hauts fonctionnaires, députés...

Il faut créer de la richesse pour redistribuer. La France vit principalement sur ses ventes d'armement, le tourisme et le CAC40. C'est fragile. Ce ne sont pas les services et les auto-entrepreneurs qui contribuent à la richesse nationale. Il faudrait une limitation des naissances, notamment en Afrique. Ça ne viendra pas. Changer les cultures est plus difficile que changer la technique., « Je pense que nous devons également intégrer dans les programmes de l'éducation nationale les éléments de développement durable et que les parents soient également formés afin de pratiquer et transmettre., « Le confinement n'est pas si différent d'une mission de catastrophe, quand je pars sur le terrain pour plusieurs semaines, voir 5 mois en Haïti, ce sont des privations, un éloignement de la famille... Ici, c'est un confinement de luxe, eau courante, électricité sans coupure, réseaux sociaux. J'ai déjà vécu bien pire. On rentre, on se dit qu'on va devenir raisonnable... et la vie reprend son cours comme avant la mission. Je ne me fais pas trop d'illusions sur les changements. », « Tout notre système doit être basé sur un profond respect de notre environnement et de l'humain. Le partage et l'entraide avant tout. Cela doit être compris et appliqué à l'échelle mondiale. Arrêtons de courir au moins cher, au plus performant », « Que les entreprises soient plus transparentes et produisent moins dans des pays "à bas coûts" » « Que les grandes surfaces fassent moins de profits sur le dos de la filière agricole et avoir plus de vente directe consommateurs et producteurs locaux. Diversité non discriminée » , «Avoir une classe politique honnête, responsable, respectueuse et reconnaissante envers les citoyens...utopie ! » « Modération (fin de la surconsommation), ralentissement (fin de la surproductivité), hygiène de vie (fin de la création artificielle de besoins) »


Les discours sont clairs, consensuels et bienveillants sur l’avenir voulu. Ils sont aussi lucides sur la réalité qui risque de rattraper les bonnes volontés. Néanmoins, cette épreuve ne restera, selon beaucoup, un moment de prise de conscience charnière qui implique, à un moment ou à un autre, des changements dans le rapport au monde, à soi et aux objectifs communs. Il va sans dire que le temps aussi fera « son affaire ». Il est difficile de voir l’avenir tant l’horizon n’est pas visible mais quoi qu’il en soit, les opinions recueillies témoignent de fondements collectifs solides et fédérateurs. 
« Il n’y aura pas de grand soir, nous aurons hâte de retrouver nos habitudes pour nous rassurer, mais une graine quant aux priorités du vivre ensemble aura largement été semée »